Des enseignants se forment à l'usage des TIC

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Visite de la délégation canadienne

 

Une délégation canadienne a été reçue par l'association du 22 au 29 mars 2008.


 

La délégation canadienne reçue était constituée de trois personnes : Jacinthe Robichaud, responsable Microsoft Education Canada qui connaît parfaitement le monde de l’éducation, ayant elle-même enseigné pendant une vingtaine d’année en maternelle avant de devenir responsable de la politique TICE au ministère francophone de l’Education au Nouveau-Brunswick ; Lucie Pearson, membre du ministère de l’Education francophone du Nouveau-Brunswick, entre autres responsable de l’opération des ordinateurs portables et principale contact de Projetice dans le cadre de notre partenariat ; Valérie Violfaire, conseillère TICE dans la partie francophone de la province du Manitoba.
La visite aura été marquée par trois rendez-vous dans des écoles et un collège.
Dans l’ordre chronologique, nous nous sommes rendus à l’école maternelle de Saint-Laon (prononcez « Saint-Lon ») où exerce Maryvonne Blais, puis au collège G. Courbet de Gonfreville-l’Orcher, là où Olivier Lahaye enseigne les Mathématiques, avant de terminer par l’école primaire Châteaudun d’Amiens dans laquelle Bruno Nibas est directeur.
Voici un petit compte-rendu de chacune de ces visites qui furent de grands moments de par la qualité des usages pédagogiques observés. Les classes vues nous ont en effet permis d’assister à des activités de grande qualité dans lesquelles, et cela était clairement visible, les élèves prennent du plaisir à travailler.

L'école de Saint-Laon

A notre arrivée, alors que la classe avait déjà débutée, nous avons eu droit à une visite de l’école. L’école maternelle réunit deux classes maternelles qui accueillent les enfants de la commune (143 habitants) ainsi que les enfants des communes voisines. Cela représente une petite cinquantaine d’élèves.
Maryvonne s’occupe de la classe moyenne-grande section.
Arrivée dans sa classe, Lucie Pearson vient présenter aux élèves réunis en groupe des informations au sujet de l’échange scolaire qui lie la classe à une classe du Nouveau-Brunswick.



Un échange scolaire qui a débuté voici un bon mois et qui trouve là une concrétisation avec le dessin réalisé par les enfants canadiens à destination de chacun des élèves de la classe de Maryvonne. Lucie distribue ces documents après avoir lu un message écrit par l’enseignante de la classe maternelle canadienne.
S’ensuit alors la mise en activité avec le tableau blanc interactif : des photographies témoignant de l’hiver rigoureux que subit le Canada sont présentées aux élèves à partir d’un blog. Les élèves savent comment faire : ils répondent aux questions de Maryvonne qui leur demande ce qu’est le tableau blanc, à quoi sert le vidéoprojecteur…
On passe à des activités quotidiennes : l’appel, la saisie de la date sur le tableau, le comptage des absents… Maryvonne clôt la séance pour passer à des activités en ateliers. Les élèves sont alors répartis par table de quatre avec des tâches distinctes.
Un atelier est constitué autour des quatre ordinateurs qui sont vus ici comme un réel outil d’apprentissage avec des activités à réaliser à partir de logiciels adaptés ; d’autres ont des tâches spécifiques afin d’aborder les notions d’écriture, de formes géométriques, etc.



Un atelier particulièrement intéressant pour nos visiteurs tournait autour de l’apprentissage de l’écriture. A cette table de quatre, un élève dispose du Tablet PC.



Il réalise diverses activités dédiées qui lui permettent tantôt d’écrire sur l’écran, par exemple pour trouver les bons articles (« le » ou « la »), tantôt d’écrire sur du papier en suivant les tutoriels vidéos réalisés par Maryvonne et qui montrent comment écrire les lettres et les mots. L’activité est saisissante : l’élève exploite sans difficultés les documents mis à sa disposition et il s’applique du mieux qu’il le peut afin que son écriture à l’encre numérique soit reconnue par le système. Puis c’est au tour d’un autre élève.

Le collège Gustave Courbet à Gonfreville-l'Orcher

Nous sommes reçus en milieu de matinée par le principal du collège, en poste depuis le mois de décembre, et par Olivier. Une discussion s’engage dans le bureau du principal afin de comprendre l’origine et le sens du projet Tablet PC mis en œuvre au collège depuis quelques années. Olivier a déjà tout préparé. Sur la table, un dossier relié décrivant le projet est donné à chacune des invitées.
A la sonnerie, nous suivons Olivier. Il a cours avec la classe de cinquième qui utilise les Tablets PC installé dans une salle. Les élèves sont en place devant leur ordinateur (un pour chaque élève). Aucun fil ne traîne par terre car le mobilier est adapté aux besoins.
Olivier débute la séance en connectant son Tablet au vidéoprojecteur wifi. Avec ce genre d’outils, on n’a plus de gêne. La preuve, il se déplace dans la salle. Une série d’exercices est à corriger. Il demande qui veut répondre. Un a un, les élèves lèvent le doigt : Olivier leur laisse le Tablet, l’élève choisi écrit sa réponse, tout le monde y prend part car la lecture de l’écran de projection est dégagé de tout obstacle et de toute ombre. Une fois les exercices terminés, Olivier demande aux élèves de se souvenir de la séance précédente et des définitions essentielles du cours. Il engage alors une nouvelle activité afin de poursuivre sa progression. Cette fois-ci, devant les élèves, il demande à ce que chacun mette l’ordinateur en mode Tablet.



Il démarre, sur son PC, Net SupportSchool, le logiciel de supervision qu’il utilise et envoie dans le dossier des élèves un document de travail. Il s’agit d’une fiche contenant les énoncés et des espaces pour y porter les réponses. Les élèves se mettent alors au travail. De son Tablet, Olivier observe le travail réalisé par les uns et les autres. En effet, avec son outil de supervision, il peut accéder à tous les écrans afin de vérifier ce qui est fait par les élèves.
Cela lui est très utile pour vérifier les difficultés que peuvent rencontrer certains mais aussi pour préparer la phase de correction. Celle-ci intervient au bout de quelques minutes. Là, Olivier verrouille en un clic toutes les stations de travail. Les élèves doivent alors suivre la correction qui se fait en deux temps : d’abord par la projection à l’écran d’une succession d’ordinateurs afin de montrer les difficultés rencontrées par certains et les erreurs de certaines réponses.







Olivier nous explique d’ailleurs qu’il peut projeter en simultané deux écrans d’élèves afin d’effecteur des comparaisons. Ce souci du repérage des difficultés et des erreurs n’est pas destiné à pointer du doigt tel ou tel élève (on ne sait pas quel écran est affiché), ni pour stigmatiser, mais au contraire, pour procéder à une correction collective. De là naît la bonne réponse que chaque élève écrit. Mais là, on se heurte à une difficulté : les élèves sont obligés d’écrire une seconde fois leurs réponses sur une feuille papier. En effet, ils n’emportent pas le Tablet PC à leur domicile et ils n’ont pas à leur disposition un véritable ENT qui leur permettrait, éventuellement, de récupérer leurs travaux depuis l’extérieur du collège. Cette limite pose un problème dans la gestion du temps. Des pistes sont envisagées afin de gérer cette difficulté.

Ecole primaire Châteaudun à Amiens (Somme)

Cette école, qui fait partie d'un programme "Ecole du futur", rassemble des enseignants qui cherchent à utiliser les TIC dans leurs pratiques. Cet aspect est important : il indique que l’ensemble des personnels est impliqué dans une logique, avec le soutien des autorités académiques. Cette action a été amorcée voici un an environ. Elle a déjà apporté de nombreux changements. C’est ce qui nous a été présenté lors de la petite réunion d’accueil du matin qui nous a permis de poser un certain nombre de questions sur les enjeux liés à la mise en place de ce programme de conduite du changement. Projetice y contribue à sa façon puisque, comme à Saint-Laon et à Gonfreville, Bruno dispose d’un Tablet PC.



La première moitié de l’après-midi nous a ensuite permis d’assister à des activités menées sur l’ensemble du cycle 3. En effet, quatre après-midi par semaine, et durant une heure et demie à chaque fois, le cycle trois se scinde en trois groupes-classes. Les élèves sont en fait rassemblés dans des sortes de groupes de niveau, gérés par les trois enseignants du cycle. Chaque classe entre alors dans un dispositif particulier : chacune est en relation avec deux écoles étrangères (Brésil – Suède par exemple).
Avec les élèves les plus en difficultés, qui font partie d’un échange avec différents pays et avec le Nouveau-Brunswick, les élèves travaillent ce jour-là sur l’île de Pâques. Ils essaient de reproduire, avec de l’argile, les statues dont les photos sont affichées au tableau.
Les moyens qui, eux, sont en échange scolaire avec d’autres pays dont la Chine, travaillent en groupes notamment sur un projet de contes. Pendant que certains travaillent sur l’apprentissage de la numérotation et du calcul chinois, un groupe de quatre élèves travaillent sur PhotoRécit autour de la lecture d’un conte. Chacun s’enregistre à tour de rôle. Le travail est sérieux, les élèves sourient et s’amusent : ils prennent du plaisir. Cette activité a été réalisée par tous les groupes précédemment. L’enregistrement en phase de finalisation, l’enseignante (qui nous déclare qu’elle détestait les TICE voici deux ans) installe le vidéoprojecteur. Après avoir ajouté le dernier fichier réalisé par le groupe dans le dossier de travail de son ordinateur, l’ensemble des élèves est invité à s’installer devant le mur qui sert de support de projection. Les différents fichiers sont alors projetés.
Le projet n’est pas terminé mais c’est là l’occasion de faire le point avec les élèves qui ont passé du temps à préparer le scénario (sur feuille) puis les dessins (sur feuille puis photographiés) et la lecture des textes. Tout cela a déjà pris quelques semaines. Les projets sont excellents, les élèves sont félicités pour leur travail. La collègue nous montre les documents papier qui témoignent de la progression suivie. Elle insiste sur la nécessité d’utiliser les TIC lorsque cela est nécessaire et admet l’apport essentiel de ces outils.
Avec le groupe des plus forts, le travail est organisé là aussi en groupes. On y retrouve, comme avec les moyens, le type d’activité qui fait le succès des classes de maternelle. Retrouvez de telles pratiques en cycle trois est très encourageant. La salle de classe a également été repensée pour ce faire. Les consignes sont données par l’enseignant au début de l’activité. Puis chaque groupe s’organise : il y a ceux qui se filment pour lire un texte qui est projeté à l’écran. Afin de pouvoir faire un montage de qualité, les élèves utilisent une grande feuille de papier peinte en vert.
Un autre groupe utilise des stylos scanner pour écrire sur un bloc-notes spécial. L’intégralité de leur texte pourra ensuite être transférée sur ordinateur et convertit en texte informatique.
Les autres groupes ont des ordinateurs portables : ils réalisent alors des cartes mentales avec Inspiration. Leur tâche consiste à se présenter individuellement : prénom, âge, caractéristiques, famille, loisirs, etc.



Deux élèves n’ont pas d’ordinateur : ils font la carte mentale sur papier avant de la reproduire, ultérieurement, sur ordinateur. Les activités sont intenses. Lorsque le groupe au caméscope enregistre le conte, il demande le silence. La consigne est immédiatement entendue, tout le monde étant en fait plongé dans son activité. L’enseignant circule d’un groupe à un autre, d’un élève à un autre. L’ensemble du dispositif est remarquable. A noter que les situations pédagogiques organisées dans ces classes et le projet global de l’école font l’objet d’un reportage dans le dernier numéro du Monde de l’Education (avril 2008).